Pourquoi nous sommes passés en SCOP…


Jeanne Bretécher et Steven Bertal, directeurs associés de Génération 2Jeanne Bretécher et Steven Bertal, Directeurs associés de Génération 2.


En juin 2017, nous adoptions officiellement des statuts coopératifs. Une décision qui nous tenait à coeur et qui reflète de manière pragmatique nos engagements militants et professionnels. Ces nouveaux statuts nous intègrent de plein droit à l’Economie Sociale et Solidaire que nous servons chaque jour. Ils forgent notre identité et celle de nos clients.

Qu’est-ce qu’une coopérative ?

Il y a un peu plus de trois siècles, certains travailleurs ont souhaité se regrouper dans des organisations égalitaires. Ce n’est qu’à la fin du 19ème siècle en France que des textes définirent les “Sociétés Coopératives Ouvrières de Production” (SCOP). Depuis 1884 le nombre de Scop est passé de 51 à 1707 en 2005 puis à 1959 en 2010. Aujourd’hui, les Scop (Sociétés Coopératives et Participatives, statut créé en 2010) et Scic (Société coopératives d’intérêt collectif, statut créé en 2001) essaiment partout en France et actent la transition vers un nouveau mode de gouvernance des organisations.

Une coopérative est une entreprise qui appartient en majorité à ses salariés-sociétaires, pratique une gouvernance démocratique (principe un actionnaire = une voix à l’assemblée générale, 65% des voix au minimum pour les salariés) et répartit les résultats équitablement en affectant en priorité les bénéfices à la pérennité du projet d’entreprise. Ce fonctionnement implique aussi un partage de l’information et des risques.

Pourquoi avoir adhéré à ce modèle ?

À l’origine, Génération 2 c’est une entreprise familiale, spécialisée en mécénat d’entreprise et communication responsable. À la faveur d’un départ en retraite, la reprise s’amorce par l’agrégation d’un collectif de jeunes consultants engagés apportant des expertises complémentaires dans le but de faire financer et valoriser  des projets pour le Bien commun par le biais de partenariats.

Nous étions tous issus d’un salariat classique, de la vieille économie que nous jugions peu propice à l’épanouissement professionnel, à l’émulation et à la responsabilité. Nous avions tous vécu ou étions en train de vivre ce passage à l’indépendance professionnelle, grisante au début mais qui trouve ses limites dans la précarisation et les multiples charges individuelles qui ne tardent pas à peser.

La troisième étape* consistait donc à projeter un modèle solidaire où chacun puisse avoir sa place, sa responsabilité, sa voix et une réelle sécurité sociale. A fixer les collaborations en officialisant le fonctionnement coopératif et en offrant aux contributeurs indépendants l’opportunité de s’associer dans un projet commun. A mutualiser les fonctions supports et les frais, en partageant les réussites et les risques, en assurant à tous une stabilité grâce à la solidarité des uns vis à vis des autres.

VERS LE FUTUR DE L’UBERISATION

Pour nous une Scop, c’est donc une mise en commun  de compétences, de moyens et de connaissances pour entreprendre et innover. Le fonctionnement responsabilise l’ensemble des composantes intégrées qui s’impliquent plus encore dans la bonne santé d’une entreprise. Un moyen de lutter contre la tyrannie de la hiérarchie verticale et l’uberisation. Il procure stabilité et productivité en assurant que les notions de solidarité et d’échange soient gage d’un « travail fait pour soi mais ensemble ». La preuve : le taux de pérennité à 5 ans des Sociétés coopératives et participatives est égal à 65 % contre 50 % pour l’ensemble des entreprises françaises (source Insee, 2015).

En supplément d’âme, le statut de Scop nous intègre de plein droit dans l’Économie Sociale et Solidaire, ce qui au regard de nos missions nous semble plus cohérent. Depuis notre création, nous agissons avec des acteurs de cette économie d’avenir. Adopter ces statuts c’est donc aussi adhérer officiellement aux valeurs qui sont celles de nos clients et partenaires. Ces valeurs, ce sont celles que nous défendons, celles de la primauté du lien humain, de la solidarité et finalement celles des actions pour le bien commun. Ces notions sont à la fois centrales et porteuses, prennent une place de plus en plus importante dans les consciences des salariés mais aussi des entrepreneurs et dirigeants politiques

La coopérative était donc pour nous un choix logique, permettant de pratiquer au quotidien l’intelligence collective, le partage et l’équité. Un choix souvent qualifié d“original” mais qui surtout, est en harmonie avec notre travail et nos valeurs. Cette nouvelle forme d’entrepreneuriat est le futur d’un entrepreneuriat soucieux d’apporter plus qu’un chiffre d’affaire, un entrepreneuriat qui souhaite apporter sa plus-value sociale.

« La démocratie nous réussit » est le slogan des Scops de France mais elle prend aussi de plus en plus sa place dans les entreprises dites « classiques ». Holacratie, entreprises libérées, quête de sens, d’utilité, de participation. La révolution est « en marche » et les coopératives en sont l’avant garde.

 

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